L’Eglise et les Juifs

L’Eglise et les Juifs

La Véritable Communion

Par Arthur Katz

Si l’Église, principalement composée de Gentils, réalisait, un tant soit peu, que Dieu l’a établie sur quelque chose d’exclusivement et d’initialement réservée à Israël, elle aurait une approche très différente dans sa manière de définir ce qu’est un croyant. Elle en retirerait de la sagesse et de l’humilité pour reconnaître la bienveillance de Dieu accordée aux Gentils.

La raison en est explicitée ci-dessous :

« Je dis donc: Est-ce pour tomber qu’ils ont bronché? Loin de là! Mais, par leur chute, le salut est devenu accessible aux païens, afin qu’ils fussent excités à la jalousie. » (Romains 11:11)

Cela faisait partie de la stratégie de Dieu d’inclure les païens dans le salut. Nous, les Juifs, avons été retranchés de notre propre racine, à cause de notre rébellion et de notre désobéissance, et vous, les Gentils, avez été greffés sur cette racine – non pas pour en jouir des bénéfices – mais pour refléter le niveau de foi auquel vous êtes parvenus et qui aurait dû tourner à notre avantage. Vous êtes dans une relation d’alliance avec notre Dieu et avez été greffés sur Sa racine, et par conséquent, la sève de Dieu devrait couler en vous et produire des fruits et d’autres bénédictions. Quelque chose devrait se dégager des Gentils, en vue d’alerter les Juifs incrédules sur la réalité de leur propre Dieu, au point de les exciter à la jalousie.

Exciter les Juifs à la jalousie

L’Église, qui est capable de manifester l’infinie sagesse de Dieu devant les principautés et les autorités des puissances de l’air, est aussi une église qui a acquis de la maturité, de la stature et la capacité d’exciter les Juifs à la jalousie. Les deux mystères n’en forment en fait qu’un seul. Tout païen qui œuvrera en faveur d’un Juif, sans se préoccuper de l’éventuelle souffrance qui en découlera, manifeste la sagesse de Dieu. Il n’agira pas seulement de son plein gré, mais ce sera pour lui un honneur et un privilège, même et surtout s’il doit en souffrir, se rappelant que sa récompense dans le ciel est supérieure et éternelle. Dieu a en réserve une sagesse supérieure, savoir Ses attributs et Sa nature dont Il veut revêtir Son peuple.

Puisse l’Église devenir un corps apostolique, précurseur du Royaume, qui supplantera les autorités de ce monde. Le monde ferait ainsi tomber son masque et viendrait à elle pour lui exposer ses problèmes. Tant que nous n’aurons pas pris conscience de la réalité et de l’ampleur du combat de la fin des temps, qui se joue entre les nations et les cultures, nous serons incapables de mesurer l’importance de la place d’Israël au centre de cette bataille, et nous ne comprendrons pas la détermination des puissances des ténèbres à vouloir le détruire. Elles haïssent ce peuple d’Israël, car il est le peuple de Dieu. Depuis qu’Israël existe, il est un témoignage de l’intention de Dieu d’établir Ses lois sur Sa propre création, création qui est passée sous l’influence des principautés et des puissances depuis la chute d’Adam.

Israël est le test que Dieu a choisi pour l’Église, afin de sonder son authenticité et son niveau de sanctification. Bon nombre d’éminents serviteurs de Dieu ont véritablement échoué. Luther, le géant de la Réforme, échoua à ce test. Il passa quelque temps en compagnie de trois remarquables rabbins, en pensant naïvement les persuader de la vérité de la Réforme et qu’ils reconnaîtraient en elle la révélation de la foi du Dieu d’Israël, mais ils ne purent se mettre d’accord sur le sujet. Le catholicisme a laissé, sur le peuple juif, une empreinte plus profonde que le protestantisme réformé.

Les Juifs, en rejetant d’une façon si brutale, les arguments bibliques de Luther relatifs au salut en Jésus Christ, conformément aux Saintes Écritures, s’engagèrent dans une attitude blasphématoire. Luther en déduisit donc que la présence d’une entité juive ou d’un groupe de Juifs au sein de l’Europe réformée constituerait une menace pour la jeune Réforme. Pris d’une espèce de rage, il fut poussé à produire un livre intitulé Les Mensonges des Juifs, qui provoqua la persécution des Juifs par l’Allemagne nazie, quatre siècles plus tard. De tous temps, les Juifs ont été le plus grand défi de l’Église. Ils ont quelque chose d’irritant et de contrariant.

Polycarpe, l’un des premiers grands martyres, d’après le Livre des Martyres de Fox, fut condamné à mourir brûlé vif sur un bûcher. On raconte que les Juifs furent parmi les premiers à trouver les combustibles et l’on ajouta le commentaire suivant : « Ils agissent toujours de cette manière. » Ils semblent avoir pris un malin plaisir à contribuer et à être complice du martyre des élus de Dieu, révélant ainsi la profondeur de leur haine envers le christianisme.

La centralité d’Israël

En tant qu’église, nous devons savoir que nous aurons à répondre conséquemment à la chute d’Israël. Pour Dieu, le but de notre salut est d’exciter Israël à la jalousie. Si nous restons indifférents aux intérêts de Dieu et au but de notre salut, alors nous ne sommes ni Ses disciples, ni Ses enfants légitimes. On peut occuper des fonctions, diriger des programmes, mener des actions sociales, être même en bénédiction à des personnes – et le Seigneur nous laissera tout le champ libre – mais n’allons pas imaginer qu’Il nous fera partager l’héritage de Ses desseins éternels. Israël est au cœur de ces desseins.

Ce qui distingue principalement l’église en tant que telle, ce n’est pas sa préoccupation de ses projets personnels, mais sa préoccupation des intérêts de Dieu. Témoigner aux principautés et aux puissances de l’air l’infinie sagesse de Dieu n’est pas à notre avantage, mais au Sien. C’est le dessein éternel de Dieu en Jésus-Christ. La seule tache dans le cœur de l’Église, aujourd’hui, qui annule son statut d’Église apostolique, c’est son incapacité à faire siens les intérêts de Dieu et la faveur de Dieu. L’Église est encore centrée sur elle-même. « Nos bénédictions. Nos intérêts. Le bénéfice de la foi. Nous échappons à la tribulation. Nous allons au ciel. Le culte était-il bon? Comment avez-vous trouvé la prédication? Qu’en avez-vous retiré? »

Tout est ramené à nous-mêmes, nos goûts, nos satisfactions. Nous avons introduit dans l’Église les égocentrismes dont nous étions empreints dans le monde et qui, aujourd’hui, prennent un visage religieux ou spirituel – un visage nouveau mais qui est cependant tout aussi égocentrique. Avez-vous remarqué combien nous sommes, même de manière inconsciente et involontaire, égocentriques, et que même l’air que nous respirons, la sagesse égocentrique du monde, a également pénétré dans l’Église? En dernière analyse, chaque question est fondée sur le gain perçu même en tant que croyant. Quelque chose doit briser le pouvoir de l’influence égocentrique et Dieu nous a confié un mandat et lancé un appel à une tâche qui nous dépasse, c’est à dire à un but pour notre existence et pour notre salut, en excitant Israël à la jalousie, conformément à la perspective divine .

Nous vivons pour nous-mêmes, et cela transparaît dans nos attitudes. Nous avons contracté cette maladie et ce fléau et nous en serons toujours atteints, car nous n’avons jamais eu d’autre objectif pour notre salut que nos intérêts personnels, c’est-à-dire notre bien-être. Nous nous satisfaisons seulement de ce qui nous touche personnellement, au lieu de considérer le seul critère agréable à Dieu, à savoir Sa gloire éternelle.

Ceux d’entre nous qui ont quelque notion de la gloire de Dieu, savent qu’elle est toujours précédée d’une inévitable souffrance. Combien, dans l’Église, resteront fermes et supporteront cette souffrance qui précède la gloire? Si nous nous tenons ensemble, suffisamment longtemps et pleinement unis, les circonstances provoqueront inéluctablement des démonstrations de courage pour les temps d’apostasie et de détresse à venir, pas seulement pour les autres, mais, pour notre déplaisir, dans nos propres rangs. L’unique raison pour laquelle nous ne connaissons pas cette souffrance, c’est que nous ne restons pas suffisamment longtemps, ni pleinement unis, ensemble pour l’expérimenter. Lorsque les conditions commencent à peine à devenir désagréables, nous cherchons ailleurs une autre alternative, avec l’idée que, de toute façon, l’Église  n’est qu’un lieu de plaisir, et nous ne comprenons pas que c’est un lieu d’affliction avant d’être un lieu de gloire. Nous ne serons pas un corps authentique tant que notre raison d’exister ne sera pas la gloire de Dieu – quel que soit le prix à payer.

Ce ne sont pas les amplificateurs tonitruants dans la rue et qui couvrent la voix de l’Église, ni un groupe musical talentueux, qui exciteront les Juifs à la jalousie. Si l’Église veut atteindre ce but, son expression devra être d’une autre nature, et j’ai l’intuition que cette nature c’est le Ciel et que le Ciel, ici, représente la justice, la vérité et l’authenticité. La clé pour le salut d’Israël se trouve dans l’Église des Gentils, et la clé pour l’Église, à majorité non juive, appelée à accomplir les desseins de Dieu, c’est cette puissance de responsabilité dans laquelle elle ne se serait jamais engagée d’elle-même. Cette relation de réciprocité est prévue par Dieu pour sauver l’Église de l’égocentrisme religieux et spirituel qui lui aura fait manquer sa mission apostolique. Par ailleurs, nous serions inextricablement et irrémédiablement égocentriques, comme c’est le cas pour bon nombre de communautés et d’individus.

Je dirais que même la conscience de cette exigence est plus ou moins absente des considérations de l’Église. Quelle doit être l’attitude de l’Église pour provoquer un peuple qui a été l’ennemi historique de la Bonne Nouvelle, et pour l’exciter à la jalousie à l’égard de ce qu’il a détesté et combattu jusqu’alors? Devons-nous devenir plus charismatiques ou plus pentecôtistes? Que signifie « Église authentique »? Que doivent voir les Juifs? Comment réussir? Paul a agi de façon remarquable en maintenant son argument. Il ne donne pas d’explication à ce qu’il affirme, ni le moyen à utiliser. Je le redirai souvent et je me remettrai en mémoire le compte-rendu initial que les Écritures nous donnent concernant les principautés et les puissances. L’Église qui est capable d’exciter Israël à la jalousie est l’Église qui est capable de vaincre les puissances de l’air. Du reste, tout ce qui sera demandé à l’un sera utile à l’autre. Nous savons que deux mystères doivent s’accomplir. L’un concerne Israël et l’autre le dessein éternel de Dieu, à travers l’Église, par l’expression de Son infinie sagesse manifestée à la face des principautés et des puissances de l’air. Deux mystères dans l’attente d’un accomplissement pour lequel Dieu a créé toutes choses.

Revenir aux commencements

Ni le culte ni l’étude biblique hebdomadaire ne pourra nous procurer les choses que nous recherchons en tâtonnant. Il est clair que, pour que l’Église atteigne une telle nature, la condition exigée est un don total de soi. Le culte du dimanche est profitable, mais ce que je suggère est profondément inopportun : c’est de revenir à la fraction quotidienne du pain de maison en maison. C’est en travaillant au milieu des problèmes, des tensions, des difficultés et des malentendus que l’on découvre, avec étonnement, comment ces derniers surgissent et comment, en peu de temps, ils peuvent briser une relation établie depuis plusieurs années. Une vigilance et une soumission à Dieu quotidiennes sont nécessaires.

Notre nature humaine nous empêche de parvenir à cette sincérité et à cette authenticité véritables qui nous sont demandées. Et on ne peut les extraire de la chaîne de fabrication. Cela ne s’acquiert pas en trois mois d’école de disciple. C’est plutôt un exercice d’amour, de sacrifice et de souffrance, dans la main de Dieu, qui sera pratiqué exclusivement dans une assemblée habituée à la souffrance. L’Église est une souffrance avant d’être une gloire. Cela ne résulte pas des attaques externes, mais des blessures internes provoquées par les malentendus, les problèmes et les accusations. Il est parfois difficile d’imaginer que le stress, engendré par l’accumulation d’une foule de problèmes, pousse les gens à tenir des propos déplacés à votre égard ! Cette situation ne s’explique ni ne se négocie. C’est quelque chose qui doit arriver, car nous devons être solidaires les uns des autres. Nous avons différents degrés de maturité, de tempérance et de compréhension.

L’Église, si elle est authentique, compréhensive, si elle vit dans une relation de partenariat, en débattant des vrais sujets, en exposant la vérité dans l’amour, en tolérant la correction, la réprimande, l’exhortation, sera nécessairement un lieu d’incompréhension. Il y aura des tensions; celles-ci seront quelquefois si fortes qu’elles vous oppresseront et vous conduiront à penser : « Ainsi donc, il n’y a pas de solution. Aucune issue débouchant sur l’entente et la réconciliation. »

Nous réalisons notre totale dépendance de Dieu et de Sa miséricorde. Lorsque les puissances des ténèbres s’interposent, ce n’est pas seulement la corruption qui refait surface mais notre nature lâche et incapable, particulièrement par le langage et son interprétation. Nous souhaitions dire quelque chose, mais cela a été interprété différemment. Afin de résoudre la méprise et revenir enfin à une juste compréhension et à un accord, il faut une tolérance et une patience qui dépassent nos capacités. Le temps nécessaire pour y parvenir et l’angoisse qui en découle représentent une souffrance. Or nous ne parviendrons pas à exciter Israël à la jalousie tant que cet objectif ne sera pas atteint, et, pour cela, il faudra compter sur la patience de Dieu et non sur la nôtre.

Il est plus aisé pour nous Église de faire des dons mensuels aux associations évangéliques juives, en les laissant gérer le travail d’évangélisation, au lieu d’accomplir nous-mêmes cette mission et ce devoir envers les Juifs de chaque commune dans notre propre région. C’est ici le critère de Dieu pour que l’Église ait du succès. Ce qui peut toucher les Juifs, c’est ce qui a été établi et créé, et non pas notre degré de satisfaction relative à nos prestations ou à nos préférences personnelles. C’est pourquoi l’apôtre Paul s’exclamait : « Qui est suffisant pour ces choses? »

Nous avons besoin de connaître notre incapacité et notre pauvreté, c’est ce qui nous conduira vers Dieu. Cela nous contraint à concentrer notre amour sur Dieu, amour qui n’est pas quelque chose d’abstrait, mais qui se répand indépendamment de la reconnaissance que nous Lui témoignons pour Sa fidélité, surtout si nous Lui sommes restés fidèlement attachés, en toutes occasions et pas seulement dans les situations de crise où notre sagesse personnelle aurait fait défaut.

Si Israël n’avait pas été l’objectif, nous n’aurions jamais réalisé l’urgence d’être transformés. Nous nous serions contentés d’une Église de qualité médiocre, en comparaison avec celle qui aurait glorifié Dieu, car l’Église qui peut exciter les Juifs à la jalousie est l’Église qui sera une gloire pour Dieu. Nous n’aurions pas représenté cette gloire, si nous n’avions pas reçu cet ordre.

Pour notre salut

Parmi les milliers d’églises existantes, aucune n’a su réaliser que la clé de son succès ne réside pas dans ses privilèges, mais dans sa capacité à exciter les Juifs de sa région à la jalousie. Ce critère n’est pas pris en compte à sa juste valeur – car d’instinct nous comprenons que c’est le plus important.

Ils sont ennemis de l’Évangile. Cela ne vient pas simplement du fait qu’ils résistent à l’Évangile ou qu’ils y sont indifférents mais de ce qu’ils s’y opposent farouchement. Paul dit qu’ils sont ennemis de l’Évangile, puis il ajoute « pour votre salut ». Comprenez-vous pourquoi cette page a été arrachée de la Bible dans les temps modernes? C’est comme si l’Église et les enseignants avaient passé outre et l’avaient omise, parce qu’elle est si radicale dans son exigence. La conséquence est que nous avons terriblement souffert de cette omission.

Que veut dire Paul par « pour votre salut »? Avons-nous besoin d’ennemis, et plus particulièrement de tels ennemis? Nous ne parlons pas d’une bande de petits amateurs. Les Juifs sont puissants, ils sont brillants, ils sont intelligents, ils sont autoritaires. Vous êtes-vous déjà mesuré à un rabbin ou à un intellectuel juif, ou bien encore à un Juif radical? En tant qu’ancien missionnaire auprès des Juifs et ayant été un des leurs pendant longtemps, je peux affirmer qu’il n’y a pas d’ennemi plus incroyable à l’Évangile que le peuple juif. La seule raison pour laquelle nous ne connaissons pas ce genre de situation, c’est parce que nous ne les avons jamais affrontés. Nous n’avons jamais reçu de porte en plein visage. Nous n’avons jamais essuyé leur colère exacerbée et pleine d’indignation. Nous n’avons jamais été réduits en miettes par les paroles les plus dures que le génie humain puisse concevoir. Ils vous donnent l’impression que vous êtes insensé : « Comment osez-vous me présenter ce message, à nous qui avons subi 2000 ans de persécutions chrétiennes dont la pire expression est la Shoa ! Et vous êtes en train de me dire que j’ai besoin de votre Christ? »

Vous ne savez pas ce qu’est la confrontation tant que vous n’avez pas vu ces gens face à face. Vous avez tout à coup le sentiment de n’être plus rien. Votre Évangile devient complètement insensé; vous n’avez plus qu’un désir, vous faire tout petit et disparaître. Dieu n’est pas pris au dépourvu par ces circonstances, car Il les connaît bien. Il en est, en fait, l’auteur car dans les derniers temps, ce sont ces circonstances qui feront du Juif l’ennemi le plus puissant et le plus manifeste de Jésus-Christ. C’est pourquoi Paul déclare : « Car je n’ai pas honte de l’Évangile (qui est une folie, intellectuellement parlant), car elle est une puissance de Dieu pour le salut de quiconque croit (et il insiste ici), du Juif premièrement, puis du Grec. » ( Romains 1:16)

« Si nous pouvions appliquer l’Évangile sur le Grec premièrement avec succès, alors nous l’appliquerions sur le Juif, parce que c’est le plus coriace ! » Or Dieu désapprouve cette idée en insistant bien : « Au Juif premièrement ». Par la sagesse de Dieu, nous commencerons par le plus difficile et non par le plus facile. « Allez par tout le monde, MAIS commencez par Jérusalem où j’ai été crucifié et où les prophètes ont été lapidés à mort. Ensuite, vous pourrez aller en Samarie et partout ailleurs, mais commencez d’abord par les Juifs. »

Lorsque nous ne prenons pas au sérieux cette exigence, notre attitude est significative pour les principautés et les puissances de l’air. Elles regardent en bas en disant : « Vous les hommes, vous ne prenez pas l’Éternel au sérieux. Vous n’avez pas obéi à Sa parole quand Il vous commandait d’aller par tout le monde pour annoncer l’Évangile à toute créature, en commençant par Jérusalem et par les Juifs premièrement. Nous aurons pour vous aussi peu d’égard que vous n’en avez pour Lui. Vous n’avez pas saisi la seigneurie de Sa Parole. Vous n’avez pas reconnu la priorité qu’Il a donnée à Israël. Vous avez agi à votre guise, en contournant gentiment l’exigence la plus difficile de toutes, parce que vous êtes des lâches. Vous êtes craintifs et vous manquez de confiance dans votre équilibre spirituel. Vous avez choisi l’issue la plus facile. Vous avez permis aux Juifs de suivre leurs propres voies, puisque leurs synagogues et vos églises se côtoient dans les mêmes villes, ce qui prouve que vous mettez l’une et l’autre sur un même pied d’égalité, en accordant à la synagogue un statut rationnel, légitime et officiel. »

Le fait de valider le judaïsme, en honorant et en respectant les synagogues et en ayant des échanges avec les Juifs, comme s’ils partageaient la même foi, aurait rendu l’apôtre Paul malade. Comment aurait-il pu agir de cette manière et commencer la rédaction de Romains 9 en disant : « Car je voudrais être moi-même anathème et séparé de Christ par mes frères, mes parents selon la chair » (Romains 9:3) ?

Si le judaïsme était valide, pourquoi aurait-il alors souhaité être anathème? Nous avons permis au judaïsme d’avoir une légitimité à cause de son attitude de foi qui a sa propre validité. C’est en se confrontant aux Juifs que l’Église prendra conscience de son incapacité. Les Juifs sont une référence dans le monde, tout comme les plus grands et les plus puissants le sont pour le monde. Ce sont les Juifs qui, en proportion par rapport à la population globale, ont reçu le nombre le plus important de Prix Nobel, de distinctions et de récompenses, dans les milieux médical, littéraire et scientifique. C’est un peuple doué, mais qui détourne ses talents au profit de l’esprit du monde, au lieu de les offrir à Dieu, ce qui les rend fortement menaçants.

Lorsque Dieu dit : « Au Juif premièrement », Il sait de quoi Il parle. Quand on touche à l’existence juive, on touche à toute la structure du monde, à toute l’humanité, à un système établi, moral, éthique, religieux et séculaire, opposé à Dieu en tous points. Bien qu’il soit une fausse lumière, j’opterais pour le judaïsme – si Dieu n’existait pas. Il contient les raisonnements et les séductions les plus convaincants. Cependant, si Dieu existe, Il fait apparaître cette composante humaniste comme une totale abomination.

La totalité des païens

« Car je ne veux pas, frères, que vous ignoriez ce mystère, afin que vous ne vous regardiez point comme sages; une partie d’Israël est tombée dans l’endurcissement jusqu’à ce que…  » (Romains 11:25a)

Soulignez l’expression «  jusqu’à ce que« . Il y a une condition et la voici : c’est une condition qui s’impose à l’Église seule; la question d’Israël est son affaire. « …jusqu’à ce que la totalité des païens soit entrée » (25b).  Lorsque Dieu dit : « tout », Il parle de l’accomplissement de tout ce qu’Il a prévu. Je crois qu’il existe une plénitude que Dieu attend de la part d’un peuple pour Son nom, issu de chaque nation, et cette charge missionnaire est demandée à l’Église. D’après ce texte, le plus grand encouragement que Dieu donne à l’Église pour aller dans le monde et annoncer l’Évangile, c’est : « Le Libérateur viendra de Sion » (verset 26a). Quand cette mission sera accomplie, quelque chose se produira, indépendamment de la condition spirituelle d’Israël. Le Libérateur se manifestera au moment où la majorité des païens sera entrée. Israël est délivré et le Libérateur prend Sa place sur Son trône sur la sainte Montagne de Sion, et règne sur les nations. En attendant le retour du Seigneur Lui-même et l’établissement de nouveaux cieux et d’une nouvelle terre où la justice habitera, le monde se trouve dans une situation de désespoir.

Il est clair que je m’oppose à cette doctrine « d’enlèvement pré-tribulationniste », une idéologie qui voit l’enlèvement de l’Église avant la tribulation. Ceci est non seulement largement répandu, mais le contester revient à remettre en cause un point fondamental de la doctrine de la foi. Cela est perçu comme une hérésie, alors que cela n’a aucun lien avec la doctrine de la foi. Rien n’a été plus désarmant pour l’Église. Ce qui l’a d’ailleurs le plus handicapée et lui a ôté la vision de la nécessité de se préparer, de se discipliner, d’acquérir de la maturité, d’être l’Église qui résistera dans les derniers jours, et qui vaincra la tribulation, c’est sa certitude d’échapper à cette tribulation.

C’est à cause de cette attente d’enlèvement « pré-tribulationniste » que l’Église, aujourd’hui, n’assume pas sa responsabilité envers Israël. Tout ce qui émane de l’Église et qui est fondé sur la motivation personnelle, propre à rassurer notre conscience, lorsque nos actes sont dénués de piété et de sérieux, ne peut en aucun cas être légitimé par un ministère authentique. Seul le ministère sacerdotal est légitime. Le fondement du ministère sacerdotal repose sur un service désintéressé. Cependant, si nous agissons avec innocence et bonne conscience, alors nous gagnons une certaine sérénité, en exprimant de la générosité envers les Juifs. Si l’Église s’élève comme membre séparé, indépendant ou supérieur à eux, cela leur suffit pour la désavouer.  L’Église perd son caractère et son humanité. Il nous faut garder en mémoire que nous avons été greffés sur leur racine et que, par l’Évangile, nous sommes rendus participants avec eux.  L’Église n’est pas un phénomène indépendant d’Israël, mais l’expression de la bienveillance de Dieu accordée aux Gentils pour les associer à sa promesse, son espérance et son attente qu’il a d’ailleurs lui-même perdues et qu’il ne connaît plus. Une partie de notre tache est de le rappeler à Israël, non verbalement, mais en exprimant ce que signifie avoir été invité dans la Communauté d’Israël.

Exciter les Juifs à la jalousie est le moyen le plus fiable pour évaluer notre santé spirituelle. La véritable nature de l’Église actuelle, c’est l’autosatisfaction. Elle s’auto-évalue ou se compare aux autres, se contentant de ce qu’elle reçoit de Dieu, ce qui va à l’encontre du but pour lequel ces choses lui sont données. Dieu nous appelle à une finalité, à un but qui nous dépasse et dont on ne mesure pas la portée, c’est à dire exciter les Juifs à la jalousie par une parole d’autorité exprimée de concert. Cela ne peut se produire qu’avec un peuple animé d’un même esprit, d’un même cœur, d’un même discernement et d’une même expression.

Ceci n’est pas une invitation à devenir des robots qui évoluent en marge de l’assemblée, dans une soumission monotone pour exprimer la même chose. Cela signifie un peuple pleinement autonome, brillant en lui-même, libre d’exprimer ses propres opinions et points de vue, conduit par l’action de Dieu, qui lui fait connaître la souffrance par l’affliction, dans la perspective d’un totale harmonie avec Lui. Et sur Son ordre, nous serons alors capables d’exprimer une parole inspirée et productive, parce que ce sera une parole d’approbation.

A moins de se préparer soi-même dans cette perspective, il est vain de croire qu’on nous demandera de le faire, alors que la tragédie de la fin des temps nous surprendra soudainement.

Aurons-nous une motivation pour ce modèle d’intégration, d’équilibre de vie et d’assentiment, ainsi que la force pour cela? Cela signifie la fin de nos petits retranchements, de nos rebellions secrètes, de notre obstination et de notre égotisme. Il n’existe qu’une seule formule pour accomplir ce travail en profondeur, c’est la communion fraternelle, dans la vie pratique quotidienne avec les saints.


Traduit de l’anglais par Sylvie Kremer

Référence: « True Fellowship » (La Véritable Communion), Arthur Katz, chapitre 3

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